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Article 15 :

CHAUDIÈRES POLYCOMBUSTIBLES: avoir le choix de l’énergie

Grâce à un large choix d’automatismes, les modèles polycombustibles sont souples d’utilisation.

 

Retrouvez tous les documents de référence utilisés pour l'article sur les chaudières polycombustibles en bas de page.

 

Face à la volatilité du prix des énergies, la possibilité de changer de combustible à tout moment constitue un atout très appréciable. C’est ce que permet une chaudière polycombustible, avec toutefois quelques nuances lorsqu’il s’agit d’utiliser des plaquettes ou des céréales.

 

LE CONTEXTE

Sur la base d’une chaudière à bois

Régies par la norme NF EN 303-5, les chaudières polycombustibles ont été initialement construites pour fonctionner avec des plaquettes et des granulés de bois. Puis, à partir de cette base bois, les Scandinaves ont entrepris de les faire fonctionner avec des céréales, c’est-à-dire avec ce qu’il y a de plus difficile à brûler. Quelques modifications comme l’installation de foyers animés (grilles mobiles) ou d’une alimentation de type "taupinière du foyer" ont été nécessaires. Aujourd’hui, les modèles acceptant des céréales, des déchets de céréales, voire des granulés de paille sont capables de brûler du bois, mais l’inverse n’est pas possible. Il vaut mieux le savoir avant de faire un choix qui vous engagera sur plusieurs années.

Un label de qualité, «Flamme verte», est délivré pour les modèles les plus performants fonctionnant au bois. Mais, à la différence des chaudières à bûches à alimentation manuelle, celles à alimentation automatique doivent afficher un rendement énergétique d’au moins 75%. Le système de stockage du combustible et le volume consacré au stockage sont deux autres éléments clés qui doivent être anticipés au moment de l’achat. L’utilisateur a le choix entre une trémie intégrée à la chaudière nécessitant un chargement manuel et un dispositif plus évolué comprenant un silo de stockage externe, avec système d’alimentation automatique procurant une autonomie de plusieurs mois.

 

LES AIDES

Conditionnées par des critères de Performance

Seules les chaudières polycombustibles dont le rendement énergétique est d’au moins 75% sont élligibles au crédit d’impôt de 50%. Comme pour les chaudières à bûches, il n’est attribué qu’au titre de l’habitation principale. Un taux de TVA réduit à 5,5% est également applicable sur le matériel et la main-d’œuvre. L’Anah (Agence nationale de l'habitat), les conseils régionaux et généraux, les communes et les communautés de communes peuvent sous certaines conditions apporter leur aide (lire également l'article "Aides: frappez à toutes les portes ").

 

NOS BONS TUYAUX

Choisir minutieusement son combustible

Une chaudière n’est pas une poubelle. Un peu trompeur, le terme de polycombustible ne signifie pas pour autant que la chaudière est prête à accepter n’importe quoi. Une bonne combustion n’est possible, par exemple, que si le taux d’humidité du bois déchiqueté est inférieur à 25-30%. Ce taux est de 15% pour les céréales.

Les plaquettes de bois doivent avoir des dimensions qui ne perturbent pas le système d’alimentation de la chaudière. La présence de queues de broyage peut ainsi provoquer son bourrage et son blocage. La vis sans fin risque également d’être détériorée.

Gare aussi à la production de mâchefers avec les céréales. Ce phénomène s’explique par une fusion des cendres, qui intervient à une température plus basse qu’avec du bois. La composition chimique des céréales et notamment la présence de silice est en partie responsable de ce phénomène. Le triticale et le blé, riches en silice sont à éviter, alors que l’avoine et l’orge sont recommandées. Le taux de silice varie selon la variété, mais aussi en fonction du sol sur lequel a été produite la céréale.

Les céréales, notamment le seigle, produisent également des fumées acides, qui en se condensant provoquent la corrosion et le perçage des tuyaux en Inox. Plusieurs modèles de tuyaux sont proposés pour faire face à ce problème, avec entre autres la céramique, qui fait figure de choix haut de gamme. A l’opposé sur l’échelle de la qualité, le tuyau «jetable» a également ses adeptes. Peu coûteux, il demande toutefois d’être remplacé plus souvent.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS

Polyvalente mais chère

POINTS FORTS

- Souplesse d’utilisation si l’appareil est doté des automatismes d’allumage, de chargement, de décendrage et de nettoyage.

- Large choix de combustibles pouvant être brûlés dans certaines chaudières polycombustibles. Possibilité d’en changer en fonction des opportunités du marché.

POINTS FAIBLES

- Equipement coûteux, notamment lorsque la chaudière dispose d’automatismes. La confection d’un silo de stockage et d’une cheminée résistant à la corrosion augmentent encore la facture.

- Autonomie rime avec capacité de stockage importante. L’implantation d’un silo de stockage à proximité de la chaudière n’est pas toujours envisageable.

 

Expert: FRANÇOIS GRAVELLE, agriculteur à la Neuville-sur-Oudeuil (Oise)

«Ma chaudière à biomasse assure 80% de mes besoins hivernaux»

C’est le deuxième hiver avec une chaudière polycombustible et François Gravelle ne regrette pas son choix: «Pour chauffer les 160 m2 de ma maison, je consomme de 50 à 60 q de blé. J’utilise d’abord les écarts de triage de semences que je produis à la ferme. Cette année, j’en ai obtenu près de 20 quintaux. Pour le reste, je prélève du blé fourrager stocké pour les animaux.»

Ayant opté pour un modèle de 40 kW, il reconnaît après coup son erreur. «J’ai pris la même puissance que celle de ma précédente chaudière à fioul. Mais au vu des travaux d’isolation réalisés, un modèle de 25 kW aurait suffi, même si ponctuellement le fioul serait venu en complément.» François Gravelle estime que la chaudière à céréales assure près de 80% de ses besoins hivernaux. L’été, elle est arrêtée au profit d’une ancienne chaudière à fioul, qui fait office de chauffe-eau. Cette dernière assure aussi la transition à l’intersaison car l’agriculteur trouve que sa chaudière à céréales s’encrasse lorsqu’elle ne tourne pas à plein régime.

La nouvelle chaudière a coûté 10.500 euros hors taxes. A cause de l’acidité des fumées, François Gravelle a dû construire un nouveau conduit en céramique (près de 3.000 euros HT) et ajouter une vingtaine de mètres de tuyauteries. Ces frais connexes ont porté la facture à 18.000 euros HT. Le crédit d’impôt de 50% et une aide de 2.600 euros versée par la communauté de communes ont adouci la note. Par ailleurs, l’installation a été soumise à une TVA réduite à 5,5%. Lors de l’achat, le retour sur investissement était estimé à environ cinq ans. En raison du prix des options, l’agriculteur a choisi une chaudière simple. Elle ne dispose ni de l’allumage, ni du décendrage automatiques. La trémie de 600 litres intégrée à la chaudière est rechargée manuellement. Tous les un ou deux jours, François Gravelle remue le foyer avec un tisonnier pour éviter la formation de mâchefer. Il a acheté un modèle certes un peu plus cher, mais dont le système d’alimentation accepte le bois déchiqueté. Il veut avoir la possibilité de revenir au bois. «Malgré les cours actuels, je fonctionne encore avec du blé. Mais il n’est pas exclu que j’utilise autre chose que des céréales à l’avenir.»

 

COMBIEN ÇA COÛTE

L’automatisation fait le prix

- 25-30 kW: de 5.000 à 14.000 euros

- 50-60 kW: de 8.000 à 17.000 euros

- 150 kW: de 20.000 à 30.000 euros

_____

Les automatismes d’allumage, de décendrage ou encore de nettoyage expliquent le grand écart des prix pratiqués.

 

Une automatisation à la carte

Le foyer d’une chaudière polycombustible est alimenté au moyen d’une vis sans fin. La vitesse d’introduction du combustible dans le foyer est fonction des besoins en chaleur. Une sonde lambda optimise la combustion en contrôlant le taux d’oxygène dans les fumées. L’électronique est omniprésente pour réguler notamment la ventilation, le chargement et l’allumage. Car, selon le modèle, l’allumage peut être manuel ou automatique. Dans le premier cas, cet allumage est effectué une fois pour toutes en début de saison. Les céréales ne s’enflammant pas facilement à froid, il faut recourir à quelques bûchettes de bois ou à un décapeur thermique pour démarrer le feu. Les modèles disposant d’un allumage automatique sont capables d’enchaîner des phases de démarrage puis d’arrêt lorsque la température de l’eau est atteinte. Les phases de ralenti pendant lesquelles la combustion est mauvaise (notamment avec des céréales) sont ainsi évitées. On notera que la résistance consomme une quantité importante d’électricité à chaque allumage.

Lorsqu’elles sont fortement automatisées, ces chaudières au rendement énergétique de 80 à 95% offrent une vraie souplesse d’utilisation. A titre d’exemple, le décendrage peut être automatisé. Avec un taux de cendres de 4 à 6% pour les céréales, contre 1 à 2% pour le bois, cette fonction peut vite devenir un atout.

Les chaudières polycombustibles qui ne disposent pas de foyer animé peuvent être perturbées par le mâchefer lorsqu’elles fonctionnent avec des céréales Ces blocs compacts de silice peuvent empêcher l’évacuation des cendres et étouffer la combustion. Du coup, la chaudière s’arrête. L’ajout de 1 ou 2% de chaux avec la céréale permet de limiter la formation de mâchefer. L’autre solution consiste à remuer la cendre de temps en temps. Pour éviter d’avoir à réaliser cette opération quotidiennement à l’aide d’un tisonnier, certaines chaudières sont justement équipées de grilles mobiles.

 

 

Photo 1 - Trémie intégrée. Une chaudière polycombustible peut être équipée d’une trémie attenante. Elle est compacte, mais son autonomie reste limitée.

 

Photo 2 - Foyer. Selon le modèle, l’allumage du feu est manuel ou automatique. Couteûse, l’option d'allumage automatique permet à la chaudière de bénéficier d’un cycle d’allumage et d'arrêt dépendant de la consigne de température de l’eau.

 

Photo 3 - Alimentation. Un moteur situé au bas de la trémie de stockage entraîne la vis d’alimentation. Cette vis sans fin transporte le combustible jusqu’à l’intérieur du foyer.

 

Photo 4. - Chasser le mâchefer. Certaines chaudières sont équipées de grilles animées, très utiles pour empêcher la formation de blocs de mâchefer avec les céréales. Sinon, il faut recourir à un tisonnier pour remuer le foyer.

 

 

A consulter sur le même sujet: Brochure sur la chaufferie d'Agro-Energie à la paille et au bois (1.65 Mo) (version 2 - avril 2006)

 

Pour en savoir plus:

(publié le 22 février 2008)

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