Selon les estimations diffusées lundi par le ministère de l'Agriculture, le rendement de maïs grain diminuerait de 9 % par rapport au niveau élevé de 2011, se plaçant à 93,2 q/ha. La production se situerait dans la moyenne des années 2007-2011 grâce à des surfaces en extension par rapport à 2011. Le maïs grain non irrigué a parfois souffert des conditions climatiques sèches du mois d'août.
La production de maïs fourrage est estimée à 17,5 Mt. Son rendement moyen s'établirait à 124 q/ha, soit 10 q/ha de moins que le record de 2011. Pour l'ensemble des Régions Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie (concentrant la moitié de la production nationale), la récolte diminuerait de 9 %.
La récolte de tournesol serait réduite du fait d'un recul de la sole et des rendements. Dans le Midi-Pyrénées, le respect des règles de rotation a pu contribuer à la réduction des superficies en tournesol (-20.000 ha), en faveur du blé notamment. Le rendement y reculerait de 9 %. Dans le Poitou-Charentes, la progression des rendements ne compenserait pas la réduction des surfaces d'environ 20.000 ha également.
Les rendements en betteraves industrielles reculeraient dans les principales régions productrices après les hauts niveaux de 2011. Pour l'instant estimés à 88 tonnes par hetare (ramenés à 16 % de richesse en sucre), ils seraient proches de la moyenne 2007-2011. La Picardie concentre le tiers de la production. Le rendement moyen y est prévu à ce stade à 84 tonnes par hectare, soit 3 % de moins que la moyenne quinquennale dopée par les années exceptionnelles de 2009 et 2011.
La récolte de pommes de terre de conservation et de demi-saison diminuerait en raison de rendements en baisse par rapport aux hauts niveaux de 2011. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les parcelles implantées à la mi-avril auraient donné des rendements corrects. Pour les nombreuses parcelles plantées après le 15 mai, les résultats seraient en revanche plus décevants lorsqu'elles n'ont pas pu être irriguées.
Le rendement des pommes de terre de féculerie perdrait 3 % au niveau national et 5 % en Picardie où la maîtrise du mildiou a pu parfois être difficile compte tenu de la météo.
La récolte de blé tendre de 2012 s'afficherait à 35,9 Mt, gagnant près de 6 % par rapport à 2011. L'accroissement des rendements assure au niveau national la compensation d'une perte de plus de 100.000 hectares conséquente au gel de février.
Avec 2,4 Mt, la production de blé dur serait abondante sans dépasser le record de 2010. Le rendement est estimé à 54,5 q/ha, un niveau encore jamais atteint. Grâce à des surfaces et des rendements en essor, le Midi-Pyrénées deviendrait la première région productrice devant le Centre où le rendement perdrait 2 q/ha, à 60,5 q/ha.
La production d'orge, à 11,3 Mt, dépasserait de 6 % la moyenne 2007-2011 sans atteindre le point haut de 2009. La sole gagnerait 140.000 hectares par rapport à 2011 à la suite des remplacements en orge de printemps. Le rendement moyen de l'orge se porterait à 67,3 q/ha, soit 7 % de plus que la moyenne.
Le rendement en orge de printemps, estimé à 66,5 q/ha, est particulièrement bon (+12 % par rapport à la moyenne).
Conjugué au boom des surfaces, il entraîne un record de production non enregistré depuis plus de vingt ans. Avec 67,9 q/ha, le rendement de l'orge d'hiver est en hausse marquée sur un an, et dépasserait de 6 % la moyenne 2007-2011.
La sole de colza gagnerait 50.000 ha malgré un repli dans l'Est touché par le gel. Les rendements y sont pénalisés ainsi que dans le Nord et l'Ouest. Ils s'accroîtraient en revanche dans le Centre (+3 q/ha), première région productrice. La récolte totale, bien que relativement stable par rapport à 2011, demeurerait 8 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
Les surfaces en protéagineux poursuivent leur chute après le rebond en 2010 lié à l'aide européenne en leur faveur. La sole de pois protéagineux diminuerait d'environ 30 % dans le Centre et en Picardie. Le rendement métropolitain serait équivalent à la moyenne sur cinq ans. La récolte de féveroles chuterait à cause de l'érosion des surfaces, et ce malgré une hausse marquée des rendements.
En 2012, la jachère agronomique s'étendrait sur 476.000 hectares (-14 %). Les surfaces qui lui sont consacrées diminuent progressivement depuis la fin de l'obligation de gel en 2008. Elles se situent essentiellement dans les Régions Centre (17 %), Midi-Pyrénées (13 %), Aquitaine et Poitou-Charentes (11 % chacune).