A une semaine du bouclage des négociations commerciales, le climat entre la grande distribution et ses fournisseurs reste extrêmement tendu, comme l'a prouvé une table ronde organisée par le Syrpa (Syndicat national des professionnels de la communication de la presse agricole) réunissant Jean-René Buisson, président de l'Ania (Association nationale des industries alimentaires), Pierre-Alexande Teulié, secrétaire général de Carrefour, et Xavier Beulin, président de la FNSEA, le 21 février au Salon de l'agriculture.
Une seule certitude : « Nous sommes condamnés à ramer dans le même sens. Nous devons nous mettre d'accord sur les façons de mieux travailler ensemble », a insisté Pierre-Alexande Teulié.
« Que la grande distribution renonce à ses ristournes annuelles et applique la LME (ndlr, loi de modernisation de l'économie), alors nous pourrons avancer », lui a alors rétorqué Jean-René Buisson. Réponse du secrétaire général de Carrefour : « Nous sommes un secteur en difficulté, du début à la fin de la chaîne. Sachez que jamais les marges des distributeurs n'ont été aussi faibles. » Sourires de l'assistance...
Indexation du prix des matières premières
Xavier Beulin a profité de l'occasion pour réitérer l'intérêt d'une « indexation du prix des matières premières sur le produit fini ». Une idée « intéressante, mais pas évidente à mettre en place », a estimé Pierre-Alexande Teulié. Selon lui, il serait dangereux que la France soit la seule à faire ça sur le marché mondial. Une réflexion sur la volatilité des prix des matières premières au niveau mondial devrait être lancée dans le cadre du G20.
De manière générale, la grande distribution se dit prête à accepter une telle indexation. Pourvu qu'elle puisse avoir la preuve que les industries agroalimentaires jouent bien la carte de la transparence.
Colère de l'Ania : « Nous n'allons pas donner nos comptes d'exploitation à la grande distribution ! Elle doit nous faire confiance sur le prix qu'on lui soumet », a lancé Jean-René Buisson. « Nous, nous jouons le jeu et n'hésitons pas à ouvrir nos livres de comptes, lui a répondu le secrétaire général de Carrefour. Cette transparence doit être à tous les niveaux. »
Xavier Beulin a proposé de commencer à travailler « sur une cinquantaine de produits », à titre expérimental. « On ne demande pas l'impossible, mais de la justesse, et de la justice », a-t-il expliqué. Un vœu pieux qui reste soumis à la bonne volonté de tous les acteurs.